Lucifer, fier loup déguisé



Sommeil qui s'abat sur le corps L'âme s'envole, plumes d'aigle arc-en-ciel Lumière d'argent lunaire, un pont vers le Sabba Homme en Noir sur le sommet de la colline, au pied du trône de la Reine. La torche est portée haut par le porteur de lumière. Elle éclaire l'Humanité, lui dévoile les mystères du monde. Flammes noires éclairant les inccubes et les succubes entremêlés. Fantasmes pansexuels non genrés pour nourrir le pouvoir intérieur, comme des digues qui s'écroulent. Demisexualité sucrée et décomplexée. Lucifer. Je deviens moi-même. Escarboucles d'oreilles et vernis de nuit carmin. Le manieur de hache drue est mort. La bête a rendu l'âme. Une lame fine et tranchante s'est enfoncée jusqu'à la garde entre les côtes du mâle toxique. La pointe acérée de l'intelligence a transpercé les textes sacrés. Le Christ est mort et de son corps pourissant, comme la mue du reptile, jaillit son opposé : l'Antichrist, le bretteur, le civilisateur affable, l'artiste comme portail, le sorcier puissant et efféminé. Il ne souhaite que l'élévation des individus mais son regard a l'éclat dur de l'onyx. Il est le fier loup déguisé en agneau. Et dans ses yeux brillent l'éclat d'un monde nouveau.


Aquarelle d'Halima Witchcraft