Les parents toxiques, une humanité qui dysfonctionne


Cette semaine, j'ai lu : les parents toxiques de Susan Forward.

Ce livre m'a fort bouleversé. L'auteur, d'une clarté didactique exemplaire, explique par le menu ce que sont les comportements toxiques en tant que parents. Car il n'y a pas qu'une seule manière d'être toxique, il y en a pléthore. La plus courante consiste à reporter sur ses enfants ses propres manques, ses propres incapacités, ses propres frustrations, et le tout sous une bonne dose de culpabilisation. L'enfant, qui prend tout ce qu'on lui dit pour acquis, l'enfant qui va tout emmagasiner et intérioriser : reproches tacites ou explicites, angoisses de l’incompétence parentale va se construire sur des fondations fragilisées et ce, depuis sa plus tendre enfance. Les conséquences et les séquelles (je peux en témoigner personnellement) sont d'ordre multiple : manque de confiance en soi, désir pathologique de plaire (quitte à se renier soi-même), culpabilisation intériorisée constante... Après avoir mis en lumière les catastrophes provoquées par les abus incestueux et autres corrections physiques, la science découvre enfin les dégâts irréversibles occasionnés par la toxicité psychologique. N'en déplaise aux réacs, tenants de la bonne vieille méthode éducative. Il faut en effet se rendre compte combien, pendant des siècles, les jeunes générations ont été plus "dressées" qu'élevées, souvent avec des moyens qui seraient aujourd'hui considérés comme de la torture. Comment s'étonner alors d'une humanité qui souvent dysfonctionne ?