Kénya : la chasse aux sorcières continue...



La chasse aux sorcières en Europe fut le résultat de l'obscurantisme religieux et de la gynophobie. On le sait, Saklas-Yhwh, l'esprit qui préside aux grandes religions monothéistes, déteste les femmes et la sorcellerie qui permet aux humains de se relier à la fois à la nature et aux forces intérieures libératrices. Non, l'esprit de la religion s'octroie la magie pour lui-seul (les religions n'étant qu'une forme cristallisée et dogmatique de magie).

Les centaines de milliers de femmes envoyées sur les bûchers ou lynchées par la foule devraient, seules, nous motiver à rejeter en bloc l'ensemble de ces systèmes de pensées délétères. Malheureusement, alors même que le patriarcat connaît un net recul dans certaines régions du monde, ce n'est pas le cas partout.

Au Kénya, le 17 octobre, quatre femmes, âgées de 53 à 87 ans, se sont faites brûler vives par une foule persuadées qu'elles étaient des sorcières. Ce n'est que le dernier épisode en date d'une succession de féminicides ces dernières années. Comme, à l'époque, chez nous, sur simple dénonciation, les femmes ou les vieillards sont traînées dans la rues, torturées et mises à mort. Sont particulièrement visés les femmes seules ou âgées, autre époque, même motus operandi. On estime à un milliers ce type d'incident depuis cinq ans.

A noter que l'Arabie Saoudite s'est récemment doté d'une police spécialisée dans la traque des sorcières et que de nombreux pays connaissent ce type de meurtres sauvages et populaires. Nous, sorcières, ne devons jamais oublier que ce que nous avons conquis au prix du sang et des cendres est loin d'être acquis partout.

La guerre contre le patriarcat sera encore longue et malheureusement, de nombreuses victimes tomberont encore sous les coups de la folie religieuse. Mais à la fin, les enfants de Lilith finiront par être libres dans une société postmoderne libéralisée.