Gusion, ne pas oublier


Mer noire de corbeaux. Dans les replis du temps se cache un mandrill au pelage multicolore. Qui se noiera dans les eaux denses du fleuve Léthé ? Danse boiteuse, course saccadée, pantin glacial. Je ne veux pas oublier ! Pas oublier le vent dans les cheveux de mon crâne chauve ! Gusion ! Ne pas oublier les promesses de liberté du drapeau noir ! Ne pas oublier la chaleur de l'amitié troublante, amour manqué, mots jamais prononcés. L'âme nue dans la nuit hivernale, blottie dans la chaleur moutonneuse d'une couverture ancestrale. Chaque choix porte le regret éternel de ce à quoi on renonce. Nostalgie portée, soufflée dans une plainte atmosphérique. Brouillard métallique. Le temps broient les souvenirs et s'écoulent les larmes de sang. La trame de l'existence est tissée par une navette en forme de crâne grimaçant. Les fils sont des boyaux. Les a-t-on tressé pour pendre l'innocence ? Peut-être pas. Quelqu'un crie : je crois au Père Noël ! Qu'il conjure la poudreuse insipide. Peut-être qu'au delà des apparences, au centre du maelstorm, passé, présent et futur s'entremêlent pour ne former qu'un seul coeur de laine ? Retrocausalité émeraude. L'oracle a parlé.